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La mélancolie du canari

Dans le cadre de ma formation pour devenir coach de vie dans le domaine de la solitude, je devais rédiger une métaphore que je vous partage en espérant que vous allez apprécier.

L’idée derrière l’utilisation d’une métaphore en coaching est de prendre l’histoire d’une personne (client) désirant atteindre un objectif et d’en faire une histoire pour qu’il puisse s’y reconnaitre, pour faire des ponts entre le conscient et l’inconscient, pour offrir des pistes de solutions ou dire des choses qui susciteraient de la résistance si elles étaient dites de manière directe.[1]

Dans ce cas ci, c’est l’histoire d’un homme qui tout jeune, a appris que pour être un « vrai homme », il devait toujours travailler. Les loisirs, prendre du temps pour soi ou relaxer étaient vus par sa famille comme un acte de paresse et totalement inutile.

Ayant grandi avec cette croyance très limitante, il avait beaucoup de difficulté depuis son enfance à faire des choses pour lui-même, à relaxer. Il ne pouvait faire une pause sur les tâches ou le travail à effectuer pour s’offrir des moments de plaisir sans ressentir une grande culpabilité et un malaise. Puisque cela affecte maintenant sa vie familiale, il souhaite pouvoir se détacher des enseignements reçus et profiter de la vie pour son plus grand bonheur et celui de sa famille.

Alors voici l’histoire du canari.

Mélanie votre Web-amie

[1] Coaching Québec


LA MÉLANCOLIE DU CANARI

Il y a quelques années, pas loin d’ici, vivait un magnifique canari jaune confortablement logé dans une cage dorée. Il venait d’une longue lignée de canaris chanteurs ayant pour rôle d’embellir, par leurs voix mélodieuses, le silence de certaines résidences huppées.

On pouvait dire qu’il était bien chanceux ce canari, pour certains en tout cas. Il était nourri, avait son perchoir et logeait dans une cage spacieuse, immaculée et dernier cri! Il était en sécurité, installé tout près d’une fenêtre du rez de chaussée, ayant comme paysage une superbe vue sur un joli parc fleuri.

Pour d’autres, on pouvait dire qu’on le sentait malheureux. On le voyait toujours seul, sans amour, sans attention ni affection des résidents de la maisonnée, vivant dans une ambiance terne dénudée de plaisir, de bonheur, de chaleur et de couleur. Ses yeux étaient sans étoile, comme un ciel couvert de nuages gris.

Chaque jour, sans exception, on l’entendait chanter toute la journée ainsi que toute la soirée, comme ses parents lui avaient si bien enseigné avant qu’il ne quitte le nid familial. « Un canari provenant de la meilleure des lignées doit toujours faire bonne figure! » lui disaient-ils. « Nous sommes des canaris fiers et travaillants. Tu dois honorer notre famille et protéger l’image reflétant notre succès. Allez, va chanter. »

Le temps passait si vite, cela faisait maintenant plusieurs années que le petit canari chantait. Un chant doux et fluide, mélodieux, mais pour celui qui portait une oreille attentive, le canari répétait toujours le même air triste, sans y mettre de cœur ni intensité.

Régulièrement, passait par là, un chat. Un vieux matou de la rue, parfois rusé, parfois sage, mais toujours avec la meilleure des intentions. On le sentait, ça se voyait.

Pour certains, ce vieux chat n’était que problèmes. Il était mal vu de côtoyer ce chat dégoutant de gouttière, car il amenait avec lui un vent de liberté, un amour des petites joies de la vie, un regard différent sur la vie, un respect de tout ce qui portait un cœur. Lorsqu’on le voyait, il était chassé par la maisonnée pour protéger le petit canari de voir ce qui ne lui était pas permis, de voir ce que pouvait être la vie en couleur.

Pour d’autres, ce chat avait un air qui inspirait confiance, assurance, le cœur toujours rempli d’amour, de bonté et de bienveillance. Une expérience et une sagesse durement acquises à travers les épreuves rencontrées à l’école de la vie.

Ce matou, comme à tous les jours où la maisonnée s’était absentée, venait se reposer sur le seuil de la fenêtre, là où logeait canari. Au début, le canari trouvait cela bien étrange qu’on s’intéresse à lui, mais se sachant en sécurité dans sa cage dorée, il n’avait pas peur de ce vieux chat. Avec le temps, ils se sont apprivoisés, chacun appréciant la présence de l’autre.

Un beau jour, un de ces jours que l’on ne voit pas passer, matou osa demander à canari pourquoi, contrairement à tous les autres oiseaux qu’il avait eu le plaisir d’entendre chanter, il y avait une mélancolie dans sa mélodie. Il sentait sa tristesse dans l’écho de sa voix à un tel point que cela lui hérissait ses poils gris et écorchait son cœur au passage.

Stupéfait, canari lui répondit : « Comment l’as-tu su? Pourtant, j’affiche un air fier et heureux. Mais tu as raison, c’est vrai, je suis si triste, je sens que je n’existe pas, qu’on m’ignore. Je chante tous les jours, comme je dois le faire, mais cela ne me procure aucun plaisir. À bien y penser, je ne sais pas en fait, ce qui pourrait me procurer du plaisir, je n’ai toujours que chanté, comme mes parents et mes grands-parents l’avaient fait auparavant. »

Le matou lui demanda alors, avec toute sa bienveillance, pourquoi il devait chanter toute la journée si cela ne lui plaisait pas? Canari lui répondit que c’est ce qu’on lui avait enseigné, qu’un canari qui ne chante pas toute la journée est paresseux et de surcroit, qu’avoir des loisirs pour un canari, c’est complètement inutile et absurde, voir mal vu même. Il ne savait pas comment faire autrement.

Matou prit quelques secondes pour bien intégrer ce qui lui avait été dit pour ensuite enchainer doucement: « Tu vois les oiseaux dans le parc? Tu entends comment ils chantent avec bonheur et de tout leur cœur? Tu remarques comment ils valsent ensemble, gaiement dans le ciel bleu? Tu les vois, sereins, paisibles et en équilibre sur les fils? C’est ça la vraie vie Canari, c’est profiter des joies et des plaisirs qu’elle nous offre. Ce n’est pas un crime de se permettre d’être heureux et bien dans ses plumes. Tu sais, tout en s’accordant cette précieuse liberté, en s’autorisant d’être qui ils veulent être et de faire ce qu’ils veulent faire, c’est bien évidemment très agréable pour eux, mais ce l’est aussi tout autant pour les écureuils, les lapins, les autres matous et les gens qui les entendent chanter leurs joies.

Toujours stupéfait, canari ne comprenait pas. « Mais je ne veux pas être paresseux comme eux, je dois être un vrai canari honorable qui chante toujours pour plaire aux maitres de la maison! Dis-moi, comment font les autres pour nourrir leurs petits et construire un nid douillet s’ils ne font que s’amuser toute la journée? Les choses ne s’accompliront certainement pas par magie! » D’un air songeur, canari repensa à ce qu’il venait de dire. Il réalisa que c’était comme s’il venait d’entendre maman canari le sermonner à nouveau.

Délicatement, aimablement, Matou lui répondit que les autres oiseaux ne faisaient pas que s’amuser toute la journée. Ils s’affairent à répondre à leurs besoins, certes, mais ils faisaient aussi une grande place pour prendre soin d’eux ainsi qu’au plaisir. Au plaisir de faire ce que bon leur tente, sans regret. Au plaisir de se sentir libre et épanoui. Au plaisir de jouer avec leurs oisillons et qui, à leur tour lorsqu’ils deviendront parents, vivront heureux et chanteront avec cœur aux petits. Ce n’était qu’une question d’équilibre entre le faire et l’être pour leur plus grand bien-être, dit-il. Matou l’invita alors à regarder vers le parc, d’observer les oiseaux et de réfléchir à ce qu’il aimerait vraiment dans sa vie?

« J’aimerais pouvoir penser à moi parfois, faire des choses que j’aime, m’accorder des moments de plaisir plutôt que de devoir toujours chanter. Si je n’ose pas prendre cette envolée vers cette liberté, j’aurai l’impression de passer à côté de quelque chose d’important. La vie passe comme un coup de vent tu sais! Je ne voudrais pas le regretter le jour où j’aurai la voix rauque, je ne pourrai plus chanter et me cacherai pour mourir. Mais, le problème Matou, c’est que je sais d’ores et déjà que si je tentais de sortir de ma cage dorée lorsqu’on la nettoiera, je n’en serais pas capable, affligé par la peur et rongé par la culpabilité de décevoir les autres. Je me sentirais coupable de faire autrement que ce que l’on m’a enseigné, je me sentirais paresseux. »

« Canari, mon cher ami, tu as le droit d’être heureux, tu mérites beaucoup mieux! Ce n’est pas ça la paresse. Qui a dit que tes parents avaient raison? Ta cage dorée n’est pas ta maison, c’est ta prison! Si tu ne fais rien aujourd’hui, tu cligneras des yeux et bientôt, on ne t’entendra plus chanter. Je suis ton ami, je ne souhaite pas que tu aies des regrets. Seras-tu fier de la vie que tu auras vécue si tu continues ainsi? Pourtant, n’est-ce pas ce que l’on t’avait enseigné d’être fier? »

« Je comprends tout ça Matou, c’est bien beau, mais je fais comment? Je n’ai connu que cette cage. Elle est devenue comme une vielle pantoufle. Confortable, mais misérable. »

C’est alors qu’il lui suggéra de regarder au loin à nouveau et de se voir volant librement, ayant du plaisir à un tel point qu’il chanta maintenant avec cœur. « Qu’est-ce que tu vois canari? Comment te sens-tu?  Qu’est-ce que tu entends? »

Après quelques instants, il répondit : « C’est merveilleux Matou, je me sens libre, heureux, vivant, vibrant. Je suis enfin qui je veux être et je fais enfin ce que je veux. » Après une petite pause, canari perdit son sourire et regarda attristé le plancher de sa prison et dit: « Je ne sais pas comment faire ».

Matou, avec une telle sagesse, lui demanda : « Tout est en toi petit canari. Qu’est-ce que tu dois trouver à l’intérieur de toi pour que tu puisses atteindre cet état de bien-être? »

« Assurément de l’assurance d’être capable de donner ce premier coup d’aile pour prendre mon envolée. Ensuite, je pense que je dois lâcher prise et me détacher des enseignements du passé. Si je pouvais me convaincre et sentir que je mérite d’être heureux moi aussi, que je vaux la peine de me prioriser, ça pourrait m’aider à me déculpabiliser. »

 « Très bien Canari. » lui répondit-il. Pendant que matou ouvrit lentement la petite porte de la prison dorée avec sa patte douce de tendresse, il ajouta : « Maintenant, ferme les yeux et repense à ta journée misérable d’hier. Imprègne-toi de cette nouvelle confiance, de cette assurance. Laisse s’envoler ton passé. Avec cet état de bien-être, avec ce désir de plaisir, avec cette conviction que tu dois faire ce choix conscient depuis trop longtemps, fais un petit pas vers l’avant. Oui, c’est bien, il est beau ce sourire au bec. Fais un autre petit pas vers l’avant encore. Oui, c’est bien, je te sens de plus en plus léger. Maintenant, avance-toi et prend ton envole mon ami. Vol aussi haut que tu le souhaites et ne regarde plus jamais derrière. Ta liberté t’appartient à présent. Au plaisir de te voir danser et chanter. »

Canari était déjà parti et ne l’entendait plus. Le son plumage jaune était aussi éclatant que le soleil chaud d’été.

Lorsqu’il perdit de vue son ami canari et bien heureux pour lui, matou retourna se promener, satisfait, à la recherche d’un nouvel ami.

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