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Ma vie avec Miss Solitude

Je vous partage ici le texte d’une femme qui a côtoyé la solitude toute sa vie pour tranquillement l’apprivoiser. Parfois telle une amie réconfortante, parfois source de souffrance, son histoire avec la solitude lui a permis d’acquérir une force de caractère, du courage et démontrer une résilience qui saura vous inspirer. Parsemée d’une touche d’humour, vous ne resterez pas insensible à son histoire. Marie-Josée espère qu’à la lecture de son texte, cela pourra vous aider à passer à travers votre propre solitude. 

Merci ma chère pour t’ouvrir à nous ainsi.

Si vous êtes capable d’être heureux quand vous êtes seul, vous avez appris le secret d’être heureux. ~ Osho

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Il y a un proverbe hongrois qui dit : « Efforcez-vous d’être toujours en bonne compagnie, même quand vous êtes seul, face à vous-même ».

Hon… c’est beau han ?

[oui, répond oui !]

Eh bien, on peut affirmer que j’suis donc en « trrrrrès » bonne compagnie avec mon moi-même depuis 49 printemps ! Pourquoi ? Parce qu’au cours de ma vie, j’ai vécu les multiples facettes de la solitude, parfois choisie (yé! I drink to that !) ou parfois imposée (au secours, v’nez m’charchez kekun!).

Dans la vie, on a tous un ou des « handicap.s » visible.s ou invisible.s (ex. : surdité, dépendance affective, paralysie cérébrale, toxicomanie, etc.) et ces handicaps nous confronte, à différents niveaux,  à la solitude. On peut l’aimer, la détester, l’ignorer mais elle, la « fatiquante », elle est LÀ. Hum… la clé pour rendre la cohabitation facile et agréable ? L’acceptation parsemée d’humour ! Enweille ! Crampe en masse pis gratine ton acceptation avec ben d’l’humour sucré-salé !

D’emblée, je suis une personne solitaire qui aime faire ses p’tites affaires tranquille et qui a besoin des moments « zen » pour me recentrer, idéalement dans la forêt, appuyée contre un arbre, ça aide à s’enraciner dans le présent moment… Tout comme j’ai besoin, à d’autres occasions d’être entourée pour garder intacte ma santé mentale (wouh-ouh ! let’s go ! partyy! out la brassière ! libaaarrrtéé !) Comme tu vois, c’est une question d’équilibre (et non pas une « question de feeling » comme chante Richard Cocciante avec Fabienne Thibault ! Quoique…. !)

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[rrrrrrrrroulement de tambour]

Mesdames et messieurs, ladies and gentlemen, voici :

« My Life with Miss S. »

[applaudissements]

[silence]

[musique de fond : violon tristounet]

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[raclement de gorge : hum ! hum !]

Miss Solitude et moi, on s’est rencontré peu de temps après ma naissance où les médecins ont annoncé à mes parents qu’il me restait environ 6 mois à vivre…

2 mois plus tard, j’ai été placée dans cet hôpital situé à 99 km du lieu de ma naissance pour y terminer mes jours…

Ce fut ma première expérience avec Miss S. That’s was my first experience with miss S.

17 mois plus tard, ô miracle ! J’étais toujours en vie ! Mes parents sont venus me chercher pour s’y établir dans le Bas-du-Fleuve où ils étaient originaires. On peut dire que mes propres parents m’ont adopté car les services sociaux leurs avaient donné le choix de me reprendre ou de continuer leur vie sans moi. C’était aussi la première fois que ma mère me voyait (elle ne m’a pas vu à l’accouchement), toute une adaptation pour tous…

Les années passent… naissance de ma sœur… Rentrée scolaire et opérations chirurgicales à la fin des cours, en plein juillet, et ce, pendant les 21 premières années de ma vie. Au total, 25 opérations sont « punchées » sur ma carte de privilège hospitalier ! Ça mérite un beau trophée ça les ti namis !

 J’ai grandis dans une famille dysfonctionnelle avec une mère ayant une faible santé physique, alcoolique et dépressive. Mon modèle masculin fut celui d’un père « absent », de nature « flamboyante », toujours de bonne humeur, appréciant beaucoup «  la bonne chère » et fuyant comme la peste les problèmes. Il vivait dans son monde quoi !

Quant à ma jeune sœur, pauvre enfant ! On lui a « volé » son enfance pour s’occuper de moi (les rôles étaient inversés). Mes parents me demandaient d’être excellente à l’école car ma sœur y réussissait très bien et à ma sœur, ils leur demandaient de ne pas tomber malade car moi je l’étais… Imagine les pressions ressenties de part et d’autre… De quoi alimenter les attentes, colères et déception… Bref, en apparence, nous avions l’air d’une une famille « unie » mais en réalité, nous étions plutôt 4 « solitudes » qui formions une famille « désunie »…

Ce faisant, très jeune, j’ai vite réalisé que Miss S. allait devenir mon « alliée » pour surmonter les chicanes, les non-dits, les carences affectives et l’intimidation vécue à l’école dû à mon apparence physique et la surdité. Parenthèse : mon physique ressemble au « petit Jérémy. Swipe up to Google. Fin de la parenthèse.

J’élaborais donc que Miss S. représentait une sorte de « refuge » où je pouvais m’y réfugier autant de fois que je le voulais. Aaaaaah que je m’y sentais bien et en sécurité ! T’sé la grosse « pa » ! J’étais dans MON monde où régnaient l’amour, l’écoute, la compassion, la joie, le calme et l’espoir de jours meilleurs. Peace man !  « Give peace a chaaaaance ! »   

Miss S. devenait un élément es-sen-tiel à ma « survie », grâce à elle, j’ai pu entrer en contact avec « ma » spiritualité » et découvrir, entre autres, que je suis une empathe et hypersensible… wow !

Le monde de l’enfance s’estompait alors pour laisser place au « merveilleux monde » de l’adolescence (dis-je avec ironie) où là, j’ai failli y laisser ma peau plusieurs fois…

Bien que j’appréciais la compagnie de Miss S. jeune, rendue « ado », je rêvasse que Miss S. me quittâsse pour une autre âme mais hélas, elle m’adorait ! Autour de moi, aucune personne digne de confiance pour épancher mes états d’âme et cris du cœur,  mes résultats scolaires ne faisaient pas un carton (du coup, je me disais tant que j’ai en haut de 60%, chu ben correcte mais allez dire ça à ma « mouman » et j’passais un mauvais quart d’heure ! « Promis mouman, j’r’commencerai pu ! » La relation avec ma mère s’avérait extrêmement difficile et ce, de mon enfance jusqu’à mes 35 ans environ. La distance physique et plusieurs thérapies effectuées de mon côté a calmé notre tempête et un jour, l’océan est devenu un lac où il faisait bon de contempler le coucher de soleil… Je m’égare mais pas tant… cette métaphore signifie que ma mère et moi avons réussi à être bien ensemble, se pardonner et s’aimer, à notre façon…

Quant à mon père, je le considérais comme un « étranger » vu qu’il n’était pas souvent à la maison.  Son comportement « ado » ne me donnait pas le goût de me confier à lui, c’est mon père après tout, pas un ami. Encore moins à ma sœur car je sentais qu’une complicité entre nous se comparait à un gaz invisible, incolore et inodore ! Nous étions et nous sommes encore aujourd’hui trop différentes pour être proche l’une de l’autre et c’est bien ainsi.

Seule donc au sein de ma famille, « pognée » avec mes peurs, ma tristesse, ma colère, mon hypersensibilité et mon manque affectif… Comment un enfant/ado gère tout ce pot-pourri d’émotions dans une mare de solitude qui n’en finit plus ? L’écriture et la prière qui a renforcé ma spiritualité et ainsi, m’a gardé en vie malgré les 3 tentatives de suicide. Malgré la présence de 1-2 amis et collègues de travail, je n’arrivais plus à gérer la souffrance accumulée depuis des années et côtoyer Miss. S. TOUS LES JOURS est un acte héroïque aux niveaux mental et émotionnel, à la limite inhumain parfois…

Il faut être fait fort pour arriver à supporter les effets néfastes de Miss S., surtout lorsqu’on vit seul entre 4 murs, comme moi, heureusement, la présence de chats tout au long de mon parcours m’a permis de continuer de mettre un pied devant l’autre et garder espoir… Un jour à la fois, une heure à la fois et ne jamais attendre que Miss S. ait le dessus sur toi… Des ressources, ils sont tout près, à toi de te demander si tu as le goût de vivre et si oui, prend le téléphone et appelle, le reste va se faire tout naturellement…

Ah oui ! J’t’ai pas dit ça : vers l’âge de 15 ans, j’ai constaté, bien malgré moi, mon attirance vers les femmes… Oh God… oh no ! no ! no ! Ça là, ça été une immense goutte qui a déversé de mon vase émotionnel. Te dire à quel point j’étais révoltée contre moi, contre la terre entière et contre Dieu !!! Déjà que mon estime de moi était de faible niveau (mes parents n’étaient pas « fan » de renforcement positif !), fallait qu’en plus je gère « ça » &!?&! Là, là, j’me suis sentie seule au monde, exactement comme dans le film « Cast away » avec Tom Hanks (barbe en moins!).

J’avais le choix d’accepter ou non cette autre différence… peu importe la décision, Miss S. a amplifié sa présence car la nouvelle a été mal reçue au sein de ma famille. Heureusement, ma sortie du garde-robe et l’arrivée au cégep m’a permis de créer un petit cercle d’amis, Miss S. est allée butiner  ailleurs voir si elle y était mais est pas partie longtemps « genre »…

Eh oui, elle était vachement présente dans mon cœur, et ce, malgré mes titanesques efforts de m’aimer un peu plus chaque jour. Eille, penses-y 2 secondes : sans relation amoureuse pendant 49 ans, c’est long en ti-péché pour une laïc ! Même pas un « one night » toué ! Pour te dire, à « l’école de l’amour », chu encore à la maternelle !

T’sé quand t’es témoin des « mamours » des couples dans les vues ou bedon dans les rues pis que toué, ça t’fait l’effet d’un fer chaud qu’on t’tourne allègrement à gauche, à drette, en haut pis en bas d’la plaie pis que la seule façon de te soulager, c’est d’aller chevou habillée en mou pis te greyer la yeule de crème glacée en braillant ta vie ! PERSÉCUTION ! Oooh que je les enviais les torbinouches ! Oh que j’espérais qu’ils soient rempli de gratitude de partager des moments d’intimité et de complicité avec leur élu.e. ! C’était extrêmement confrontant pour moi car j’me demandais sérieusement ce qui clochait avec moi… Suis-je si différente que ça boswell ? Hyper souffrant au point de rouvrir la porte à Miss S. afin de panser mes plaies meurtries par la douleur et le désespoir de ne jamais goûter aux affres exquis de l’amouuuuurrrr !  

Mon ami, crois-tu qu’on peut arriver à bien vivre avec la solitude ?

Je crois que oui, tout dépend quelles lunettes on choisit de porter : celle de la victime ou celle de la responsabilité. Longtemps, j’me suis sentie tellement impuissante face à la solitude. Je me disais, fatalement, qu’hélas, ô pauvre de moi, mon destin est de vieillir et mourir esseulée au fond d’un cercueil en pin massif écogéré hydrociré avec, à l’intérieur des beaux draps de coton égyptien 1800 fils (tant qu’en à avoir, t’aussi ben y aller avec le jack pot, ça va être ben confortable pis j’s’ai pas trop rackée du dos devant Saint-Pierre !)

Ma cohabitation avec Miss S. m’a fait réaliser, entre autre, qu’elle aussi, elle a son côté « ombre & lumière »…

Aujourd’hui, à l’aube de mes 50 printemps, j’ai choisi d’accueillir et accepter la présence de Miss S. Nous avons toujours le libre-arbitre de nos choix & décisions car nous sommes créateurs de notre vie, à tous les instants !

Miss S., à partir de maintenant, est synonyme de méditation, de marches dans la nature, d’écriture, de silences pour laisser monter les chants de mon intuition et surtout, de gratitude pour m’octroyer des p’tites pauses douceur ! T’sé quoi ? Les Français se donnent 3 kiffes par jour. Des kiffes ? Ce sont des récompenses, des douceurs, des petites attentions, appelle ça comme tu veux ! Donc, 3 trucs à faire par jour qui nourriront ton âme et ton cœur et du coup, pourquoi pas le bedon ! Une p’tite escapade chez Ben la bedaine à Granby pour dévorer une cheeseburger dégoulinant avec une pout’, why not ! Tu iras courir demain !!!

La fin de mon récit approche l’ami…

Je te souhaite de tomber en amour avec ta vie ! Comme dit Céline : «  TAKE THE KAYAK ! » pis laisse-toi aller aux flots de la vie ! Fais-toi confiance, fais confiance à la Source, Dieu, à l’Univers, whatever, crée-toi une vie qui te ressemble, sois fidèle aux élans de ton cœur et ainsi, tu deviendras amoureux de qui tu ES ! Lumineux, tu sèmeras des parcelles de joie dans la vie de ceux que tu croiseras sur ton chemin !

Je te salue l’ami et « buen camino ! » (bon chemin !), tu salueras ta Miss S. de ma part !

Marie-Josée

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